Exposition accidentelle à l’amiante : comment réagir efficacement ?

Malgré une préparation rigoureuse, une exposition accidentelle à l’amiante peut survenir au cours d’une intervention. Découverte imprévue d’un matériau amianté, perçage d’une cloison, intervention sur un équipement non identifié… Ces situations peuvent entraîner la libération de fibres d’amiante et exposer les personnes présentes.

 

Face à ce type d’incident, une réaction rapide et adaptée est indispensable. L’amiante reste en effet un risque majeur pour la santé au travail, même si son utilisation est interdite en France depuis 1997. Les effets sur la santé apparaissent généralement plusieurs années après l’exposition, d’où l’importance d’un traitement rapide et adapté.

 

Quels sont les bons réflexes à adopter ? Quelles démarches engager après une exposition accidentelle à l’amiante ? Et comment éviter qu’une telle situation ne se reproduise ?

Dans quelles situations peut-on être confronté à une exposition accidentelle à l’amiante ?

Une exposition accidentelle à l’amiante peut survenir lorsqu’une intervention entraîne la libération involontaire de fibres d’amiante dans l’air ou lorsque l’exposition dépasse la VLEP. Même si des mesures de prévention sont mises en place, certains événements imprévus peuvent exposer les travailleurs présents sur le chantier.

 

Concrètement, cette situation peut notamment se produire lors :

  • D’une visite de chantier en présence de matériau dégradé
  • De la dégradation accidentelle d’un matériau amianté au cours d’une intervention
  • De la découverte d’un MPCA alors que les travaux ont déjà commencé
  • D’une intervention réalisée sur la base d’un repérage amiante incomplet ou inadapté
  • De travaux effectués sans respecter la méthodologie et entraînant un taux d’empoussièrement bien plus élevé que prévu
  • De la présence de tiers dans une zone contaminée sans protection.

 

Dans chacune de ces situations, le principal danger provient des fibres d’amiante libérées dans l’air. Invisibles à l’œil nu, elles peuvent être inhalées par les personnes présentes si les mesures adaptées ne sont pas mises en œuvre rapidement.

 

Toutefois, le risque d’exposition accidentelle peut être fortement réduit grâce à une bonne préparation de l’intervention, notamment par la réalisation d’un RAAT lorsque celui-ci est requis.

Par ailleurs, l’évaluation des risques doit également être bien réalisée pour adapter les mesures de protection. En effet, ne situation mal évaluée peut conduire à un empoussièrement bien plus important que prévu ou à une contamination à l’extérieure de la zone de travaux.

 

En définitive, en matière d’amiante rien ne peut être laissé au hasard.

Quels sont les risques après une exposition accidentelle à l’amiante ?

Le principal risque lié à une exposition accidentelle à l’amiante est l’inhalation de fibres microscopiques libérées dans l’air. Invisibles à l’œil nu, ces fibres peuvent pénétrer profondément dans le corps et y rester durablement.

 

Les maladies liées à l’amiante se développent généralement plusieurs années, voire plusieurs décennies après l’exposition. Parmi elles figurent notamment certains cancers du poumon, de la plèvre également appelé le mésothéliome, de l’œsophage, des ovaires, etc.

 

Une exposition accidentelle ne conduit pas systématiquement au développement d’une maladie. Toutefois, aucune exposition ne doit être banalisée. Le risque varie selon la quantité de fibres inhalées, la durée et la répétition des expositions.

 

C’est pourquoi toute suspicion d’exposition accidentelle doit être considérée avec sérieux. Une réaction rapide permet de limiter l’exposition des travailleurs et du public, de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour assurer la gestion de l’incident et de prévenir de nouvelles expositions.

Comment réagir en cas d’exposition accidentelle à l’amiante ?

Lorsqu’une exposition accidentelle à l’amiante est suspectée ou confirmée, il est important d’agir rapidement. Les premières mesures mises en œuvre peuvent avoir un impact sur la gestion de l’incident.

 

Les principales actions à mettre en place sont les suivantes :

  • Arrêter immédiatement l’intervention afin d’éviter toute émission supplémentaire de fibres d’amiante
  • Sécuriser la zone concernée en interdisant l’accès aux personnes non autorisées et en empêchant toute intervention tant que la situation n’a pas été évaluée
  • Limiter la dispersion des fibres et procéder à un nettoyage, une décontamination approfondie le plus tôt possible
  • Informer les responsables concernés (employeur, responsable de chantier, donneur d’ordre) afin de déclencher les procédures prévues par l’entreprise
  • Evaluer la situation pour confirmer la présence éventuelle d’amiante et déterminer les mesures à mettre en œuvre avant toute reprise des travaux
  • Assurer la traçabilité de l’incident en identifiant les travailleurs ou le public concernés, en consignant les circonstances et les mesures prises et en établissant ou en complétant les documents de suivi prévus notamment la fiche d’exposition accidentelle à l’amiante

 

Selon les circonstances de l’incident, il peut également être nécessaire de faire intervenir des spécialistes afin d’évaluer la contamination de la zone et de définir les conditions de reprise des travaux. La reprise des travaux ne doit intervenir qu’après une évaluation de la situation et la mise en place des mesures de prévention adaptées.

Prévenir une exposition accidentelle à l’amiante : les bonnes pratiques à mettre en place

La meilleure façon de gérer une exposition accidentelle à l’amiante reste encore de l’éviter. Une préparation rigoureuse des interventions permet de réduire considérablement le risque de libération de fibres et de protéger l’ensemble des acteurs du chantier. Un RAAT, complet, bien réalisé, constitue d’ailleurs l’une des principales mesures de prévention prévues par le Code du travail.

 

Pour cela, plusieurs bonnes pratiques sont à privilégier :

  • Réaliser un RAAT exhaustif et adapté au programme de travaux afin d’identifier les MPCA avant toute intervention
  • Bien évaluer les risques, déterminer le niveau d’empoussièrement et les mesures de protection adaptées
  • Préparer l’intervention en amont en définissant les méthodes de travail
  • Isoler la zone de travail pour empêcher l’accès à des personnes extérieures non protégées et empêcher la contamination de l’environnement
  • Former les intervenants afin qu’ils soient capables d’identifier une situation à risque et d’adopter les bons réflexes en cas d’imprévu
  • Mettre à jour les documents de prévention décrivant la méthodologie de travail lorsque de nouvelles situations sont rencontrées ou que les pratiques évoluent
  • Favoriser la communication entre les différents acteurs du chantier afin que chacun dispose des informations nécessaires au fur et à mesure du chantier

 

En intégrant ces bonnes pratiques dès la phase de préparation, les donneurs d’ordre et entreprises peuvent limiter le risque d’exposition accidentelle et sécuriser leurs opérations.

En résumé

Une exposition accidentelle à l’amiante nécessite une réaction rapide et adaptée. Toutefois, la meilleure protection reste la prévention. Une préparation rigoureuse des interventions, associée à des mesures de prévention adaptées, permet de réduire durablement le risque d’exposition et de sécuriser les opérations.

 

SECOIAM accompagne les maîtres d’ouvrage, bailleurs sociaux, collectivités et entreprises dans la prévention du risque amiante, de la préparation des interventions à l’assistance technique. Notre objectif est de vous aider à sécuriser vos projets et à répondre à vos obligations réglementaires.

 

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