Amiante : comment mener à bien l’examen visuel interne ?

Photo issue d'un examen visuel interne amiante.

Tout d’abord, l’examen visuel interne est une étape essentielle du processus de restitution de la zone de travail amiante. Il est prescrit par le Code du Travail et est obligatoire pour toute opération de traitement de l’amiante (retrait ou encapsulage). Il est donc primordial d’en connaître les enjeux et son mode de fonctionnement pour le mener à bien.

 

SECOIAM vous récapitule tout ça dans cet article de blog. A noter que nous ne parlerons pas ici de l’examen visuel externe mandaté par le maître d’ouvrage, dans le cadre du Code de la Santé Publique.  

 

Les objectifs de l’examen visuel

Image représentant les objectifs de l'examen visuel interne amiante.

A savoir que l’examen visuel présente divers enjeux. En effet, il permet de vérifier :

  • La qualité de finition de retrait des MPCA sur toutes les surfaces : attention, il faut être vigilant aux points singuliers, notamment les points difficiles d’accès et les anges ;
  • L’absence de déchets dans la zone de travail ;
  • Que les préfiltres d’extracteurs et que les sacs et préfiltres d’aspirateurs ont bien été remplacés ;
  • La propreté des câbles et réseaux de la zone de travail, mais aussi la propreté des surfaces ;
  • L’intégrité du confinement ainsi que des peaux de protection.

 

Enfin, l’examen visuel interne doit également inclure le contrôle des zones susceptibles d’avoir été polluées. On parle donc des installations de décontamination, de la périphérie des zones de traitement, des zones de stockage des déchets ainsi que des zones de circulation.

 

A noter que pour réaliser l’examen visuel, il existe une norme, la NF X 46-021 :2021, qui n’est pas d’application obligatoire, mais le fait de s’y conformer emporte présomption de conformité à la réglementation. Ici, nous avons fait le choix de nous appuyer sur la méthodologie proposée par la norme.

Examen visuel interne amiante : les conditions de réalisation

Image illustrant les conditions à remplir pour mener à bien l'examen visuel interne en amiante.

Pour faire un bon examen visuel, il est nécessaire de respecter certaines conditions spécifiques. En effet, cela doit se faire sur surfaces sèches et sans aucun fixateur ou surfactant. Il faut également avoir un bon éclairage. C’est pourquoi il est nécessaire de disposer d’une lampe-torche pour obtenir une lumière rasante.

 

De plus, c’est un encadrant (technique ou de chantier) qui doit réaliser cet examen visuel interne. Il devra donc, évidemment, y être formé. Le mieux est qu’il s’agisse d’une personne extérieure à l’exécution même, pour avoir un regard critique.

 

A noter également que l’examen porte sur la zone de traitement elle-même, mais aussi sur les zones susceptibles d’avoir été polluées.

 

Pour finir, rappelons que l’examen visuel interne, comme celui du maître d’ouvrage, peut s’effectuer en deux phases en cas de confinement : un premier examen avant la mesure de première restitution et un deuxième examen une fois l’ensemble des protections retirées.

Examen visuel interne amiante : l’étape d’échantillonnage de la zone traitée

Photo d'un examen visuel interne amiante.

Ici, il s’agit de savoir où se fera l’examen visuel. En effet, pour les surfaces qui font moins de 200m², l’ensemble fera l’objet d’un examen approfondi. Mais, si une grande quantité de MPCA a été retirée lors de l’opération, alors l’entreprise peut procéder par échantillonnage. L’objectif sera tout de même de porter l’examen sur des secteurs représentatifs ou des secteurs sensibles, en tenant compte des secteurs qui présentent plus de contraintes. On peut citer par exemple des secteurs où l’accessibilité ou la nature des supports méritent une vigilance.

 

L’entreprise devra donc se baser sur un plan d’échantillonnage établi au préalable, qui devra lui-même prendre en considération deux éléments :

  • Si le MPCA est déconstruit ou retiré de façon intègre ;
  • Si le MPCA est intimement lié à son support et est susceptible de générer des résidus libres ou incrustés.

 

A savoir que l’entreprise peut s’appuyer sur la règle d’échantillonnage issue de la norme qui définit des fractionnements par surface, par longueur ou par unité.

 

 

Examen visuel interne amiante : l’étape de classification des surfaces traitées

Rappelons qu’avant tout opération de traitement, on doit se poser la question du rendu final : comment seront les surfaces ? Restera-t-il des résidus incrustés ? Et, lors de la contractualisation, il peut être intéressant d’établir, en fonction des différents types de surfaces, le rendu possible, en tenant compte des limites techniques du retrait du MPCA de son support.

 

Cette liste servira par la suite au moment de l’examen visuel interne, pour classer les surfaces traitées. En effet, cela permettra à l’encadrant de préciser en fonction du type de surfaces ce qui est attendu comme résultat. Pour ce faire, il faut prendre en compte :

  • La nature de la surface : lisse ou poreuse ;
  • Le caractère continu ou discontinu du support.

 

La norme NF X 46-021 a ainsi défini 4 classes de surfaces traitées reprises dans le tableau ci-dessous.

Tableau des classes de surfaces traitées permettant de mener à bien l'examen visuel interne en amiante.

Il faut aussi prendre en compte la capacité des surfaces à supporter un nettoyage. L’aptitude au nettoyage dépend de la nature du matériau, de sa capacité à se dégrader ou non, des risques encourus et de toute autre considération liée au milieu.

Examen visuel interne amiante : l’étape d’examen des surfaces traitées et de constats

Image d'une loupe illustrant les constats issus de l'examen visuel interne en amiante.

A savoir que l’on a défini des critères de conformité au résultat attendu pour chacune des classes de surface traitée. Ainsi, le critère de présence de matériau ou de résidus de matériau est visuel. Cela implique donc qu’il est possible de laisser sur les surfaces traitées des résidus.

 

On peut notamment retrouver des fibres résiduelles, qui sont invisibles à l’œil nu, mais qui ont pu se fixer éventuellement sans être tracées. On peut également retrouver des résidus ponctuels incrustés visibles. Ils sont alors fixés et tracés immédiatement.

 

Attention toutefois s’il s’agit d’une dépose intégrale du support ou d’éléments unitaires, parce que la notion de classe de surface ne s’y applique pas. Dans ce cas, l’examen consiste simplement à constater l’absence de l’élément ou du support et d’éventuel résidu.

 

A savoir que dans le dernier amendement à la norme NF X 46-010, il existe 6 catégories de constats :

  • Absence de surface traitée ;
  • Absence de résidus de MPCA ;
  • Présence de résidus incrustés de MPCA ;
  • Présence de résidus libres de MPCA ;
  • Présence de MPCA qui aurait dû être traité ;
  • Présence de résidus libres de MPCA de façon ponctuelle et non répétitive.

 

L’examinateur définira donc pour chaque élément constructif, la catégorie qui le concerne.

Enfin, l’étape de conclusion de l’examen visuel interne amiante

Illustration de la phase de conclusion de l'examen visuel interne en amiante.

Pour finir, la personne en charge de l’examen va devoir conclure sur la conformité ou non. C’est donc en fonction de la surface traitée et du type de constat, qu’elle va dire si l’examen visuel interne est conforme, non conforme ou conforme avec remarque.

A savoir qu’une seule non-conformité entraîne la reprise des travaux de retrait et/ou de nettoyage de la zone de travail.

 

Vous vous en doutez sûrement : cet examen visuel interne doit être consigné dans le registre de sécurité présent sur le chantier amiante. Vous pouvez d’ailleurs utiliser SES’AM pour cela !

 

Et voilà l’essentiel à savoir sur l’examen visuel interne ! N’hésitez pas à nous contacter pour toute autre question amiante ! 😉

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