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EPI et problèmes de peau : prévenir les irritations en contexte amiante

Gants, combinaisons, appareils respiratoires : les enseignements de la fiche INRS TA 107 pour les entreprises SS3 et SS4.

À retenir

  • Une irritation liée aux EPI et une allergie de contact sont deux mécanismes différents.
  • Les adaptations envisagées doivent préserver la protection contre l’amiante.
  • La fiche INRS apporte un éclairage de prévention, sans créer de nouvelle échéance réglementaire.
EPI amiante problèmes de peau

Les équipements de protection individuelle (EPI) utilisés lors des interventions amiante doivent aussi être examinés sous l’angle de leur tolérance cutanée. Dans sa fiche TA 107, publiée en septembre 2026, l’INRS fait le point sur les dermatites de contact associées aux EPI. Cette ressource intéresse les entreprises SS3 et SS4, sans constituer une nouvelle obligation réglementaire.

Que présente la fiche INRS TA 107 ?

Rédigée par M. N. Crépy et publiée dans le numéro 187 de Références en santé au travail, cette fiche remplace la fiche TA 81 de 2009. Elle décrit principalement deux types d’atteintes : les dermatites irritatives et les dermatites allergiques de contact. Les urticaires de contact sont beaucoup plus rares.

La publication porte sur les EPI dans différents secteurs professionnels. Elle ne fournit pas de résultats propres aux opérateurs amiante. Son intérêt pour les travaux SS3 et les interventions SS4 réside dans les équipements concernés et les situations de port prolongé.

Gants, combinaisons et masques : quels risques cutanés ?

Les gants ainsi que les chaussures et bottes de sécurité sont les équipements principalement concernés. Les vêtements de protection et les appareils de protection respiratoire peuvent également provoquer des réactions cutanées.

  • Le port prolongé des gants favorise l’occlusion, la transpiration et la macération. Certains additifs du caoutchouc ou biocides peuvent aussi provoquer une allergie. 
  • Les vêtements de protection peuvent entraîner des irritations liées au port prolongé ; leurs composants peuvent également être allergisants.
  • Les appareils respiratoires peuvent occasionner des réactions au niveau des zones de contact avec le visage, notamment en lien avec certains métaux ou additifs du caoutchouc.

Une irritation et une allergie ne se confondent pas. L’altération de la barrière cutanée peut toutefois faciliter la pénétration des allergènes. Identifier la cause d’une réaction relève d’une évaluation médicale.

Irritation sous un EPI : que faire en intervention amiante ?

Pour une entreprise intervenant sur des matériaux amiantés, l’enjeu est de prendre en compte une difficulté de port des EPI sans dégrader la protection. Les points suivants constituent une proposition de transposition aux situations SS3/SS4 :

  • Prévoir un circuit de signalement des irritations ou réactions cutanées auprès de l’encadrement et du service de prévention et de santé au travail.
  • Recueillir les références des équipements concernés et les circonstances d’apparition de la gêne pour faciliter l’analyse.
  • Étudier, avec les interlocuteurs compétents, une solution compatible avec les risques de l’intervention, la protection respiratoire et les procédures de décontamination.

Une gêne cutanée ne justifie pas de retirer ou de modifier un équipement en zone exposée. Toute adaptation proposée doit préserver les conditions de protection nécessaires à l’opération.

Quelles mesures de prévention retenir ?

L’INRS rappelle la priorité de la prévention collective et l’intérêt d’identifier les irritants et allergènes. Pour les mains, la fiche préconise notamment des produits lavants doux, un lavage à l’eau tiède, un séchage soigneux et l’utilisation d’émollients adaptés.

Le recours à des sous-gants en coton n’est envisagé que si l’activité le permet. Dans un contexte amiante, cette possibilité doit être étudiée au regard de la compatibilité des équipements et de la gestion de la contamination. Elle ne constitue pas une consigne à appliquer systématiquement.

Une ressource de prévention, sans nouvelle échéance réglementaire

La fiche TA 107 est une publication technique et médicale de l’INRS. Elle n’instaure pas, à elle seule, de nouvelle obligation ni de date d’application. Pour les entreprises concernées par l’amiante, elle apporte un éclairage complémentaire sur la tolérance des EPI.

Questions fréquentes sur les EPI et la peau

Une irritation sous les gants est-elle forcément une allergie ?

Non. La fiche INRS distingue l’irritation de l’allergie de contact. Une réaction cutanée ne permet pas, à elle seule, d’en identifier la cause. Le diagnostic relève d’un professionnel de santé.

Peut-on porter des sous-gants en coton sur un chantier amiante ?

Leur usage en contexte amiante nécessite d’examiner la compatibilité avec les équipements et les procédures de décontamination. 

Toutefois, cela semble possible à condition de parvenir à maintenir l’étanchéité avec le « sur-gant ».

La fiche TA 107 modifie-t-elle les obligations de protection ?

Cette publication technique et médicale ne crée pas, à elle seule, une nouvelle obligation. Elle ne dispense pas de porter les protections nécessaires à l’opération.

Sources et portée de cette note

Source primaire : INRS, M. N. Crépy, Dermatites de contact professionnelles aux équipements de protection individuelle (EPI), TA 107, Références en santé au travail, n° 187, septembre 2026. Consulter la fiche complète (PDF).

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